Cet été, une famille bien particulière a été en villégiature à l’étang de la Horre. C’est un couple d’échasses blanches accompagné de leur poussin qui a passé quelques jours sur la réserve. Cette espèce, assez commune sur les côtes françaises, est assez rare dans l’intérieur des terres. Apercevoir une échasse blanche en Champagne est donc toujours un petit évènement pour un amateur local d’ornithologie.
Le 17/08/2026, un goéland pontique adulte au plumage très typique s’est laissé observer sur le Bassin Sud de l’étang de La Horre. Non content de s’être juste laissé observer, il s’est en fait posé parfaitement de profil, proche du point d’observation, permettant au Conservateur de prendre une digiscopie (photographie au téléphone à travers une longue-vue) sur laquelle les critères d’identifications sont bien visibles.
C’est l’occasion de faire un petit cours de Laridologie (l’étude des Laridés, la famille des mouettes et goélands).
L’identification des goélands du complexe argenté/leucophée/pontique est souvent ardue, et nécessite une bonne connaissance des critères précis. D’ailleurs le goéland pontique a jusque récemment été considéré comme une sous-espèce du goéland leucophée. Chaque plumage est différent, les plumages juvéniles étant les plus compliqués à appréhender. Le plumage adulte, même s’il est variable, reste le plus simple à apprendre. Listons ici quelques critères :
Tête : le front est fuyant, alors qu’il est plus bombé chez les leucophées et argentés. La tête parait alors plus allongée, en forme de poire. L’iris est le plus souvent sombre, alors qu’il est clair chez les autres espèces, et l’œil paraît petit. Le bec est assez allongé, sans élargissement marqué, de couleur généralement assez pâle. La tâche rouge du bec est très souvent limitée à la mandibule inférieure.
Pattes : les pattes sont de couleur variable, mais sont le plus souvent de teinte assez pâle : rose pâle ou jaune-verdâtre pâle par exemple. En tout cas, elles sont rarement de couleur aussi chaude que le rose franc typique du goéland argenté, ou que le jaune du leucophée. Enfin, les pattes sont plutôt longues, donnant un aspect haut-perché à l’oiseau.
Ailes : la teinte du manteau est en moyenne plus pâle que chez le goéland leucophée, mais similaire à celle de l’argenté. La projection primaire est assez longue (elle est courte chez le goéland argenté) lui donnant un aspect élancé. Le marquage du bout des ailes comporte généralement moins de noir que chez les argentés et leucophées, laissant voir des plages blanches plus grandes et plus nombreuses.

Attention : cette espèce, et les deux espèces proches sont variables, et il faut toujours combiner plusieurs critères avant d’affirmer une identification précise, et ne pas hésiter à laisser un individu en indéterminé s’il n’est pas assez typique, ou si les conditions d’observation ne sont pas favorables.
Historiquement nicheur en Europe de l’est et en Asie de l’ouest et centrale, cette espèce voit son aire de répartition augmenter, et de plus en plus d’individus sont vus en Europe de l’ouest. Elle est principalement observée en hiver, mais il est désormais typique de la contacter dès le mois d’août. Il est probable que le nombre d’individus hivernants continue à augmenter, et il est possible que cette espèce finisse par se reproduire en France, les couples nicheurs les plus proches étant maintenant aux Pays-bas.






