Suivi de la Flore aquatique de la Horre

© Johann Chrétien.
10 Septembre 2026

La flore aquatique est un bon indicateur de l’état de santé des habitats de l’étang. Suivre régulièrement ces végétations permet donc de savoir si la gestion de l’étang est correcte ou non, et donc d’aiguiller le gestionnaire. Cette année, c’est sur le plan d’eau principal de la réserve (l’étang de la Horre, qui donne son nom à la RNN) que le suivi a été réalisé. En 2027, ce sera au tour de l’étang Neuf.

Comment procède-t-on ? Des relevés exhaustifs de la végétation aquatique sont réalisés le long de plusieurs transects qui traversent les bassins sud et nord, ainsi que le long des rives (cf. cartes ci-dessous). La localisation de points est maintenue d’année en année, afin de pouvoir comparer les relevés des différentes années de suivi entre eux. Il ne faut donc pas oublier son gps !

Effectuer un nombre important de relevés, permet une extrapolation des résultats à l’échelle du plan d’eau. En trois grosses journées de terrain, en esquivant le plus possibles les canicules à répétition de cette année, ce sont 163 relevés qui ont été réalisés ! Les relevés des rives se font à pied, en waders. Ceux de l’intérieur de l’étang se font à l’aide d’un kayak gonflable et d’un râteau téléscopique, qui permet d’aller chercher la végétation enracinée au fond de l’eau.

 

Carte des transects et points de relevés de végétation – Bassin nord
Carte des transects et points de relevés de végétation – Bassin sud

Quels sont les résultats ? Ils sont encore en cours d’analyse ! Un premier constat cependant : le nombre de relevés sans végétation aquatique est proche de zéro, ce qui est une amélioration par rapport aux suivis précédents : l’étang se revégétalise ! On constate donc que le changement de gestion des niveaux d’eau et de mode de gestion piscicole, opéré après l’assec de 2019, 3 ans après la reprise de la gestion du site par le CENCA, est un succès.

En plus de suivre l’abondance respective des espèces communes, ce suivi permet de détecter quelques espèces plus rares, et de donc s’assurer qu’elles sont toujours présentes. Une attention particulière a donc été portée sur quelques espèces connues du site, et réputées rares et/ou protégées.

Plusieurs de ces espèces ont été observées, comme le Limnanthème faux-nénuphar (Nymphoides peltata), la lentille d'eau bossue (Lemna gibba), le potamot à feuilles aïgues (Potamogeton acutifolius), ou encore l’Utriculaire australe (Utricularia neglecta).

Cette étude a aussi permis de découvrir une nouvelle espèce dans la réserve : Chara braunii, une Characée (famille d'algues vertes pluricellulaires proches des plantes terrestres). En Champagne-Ardenne, cette espèce n’est connue que des étangs du massif d'Epernay et des environs du lac du Der.

Attention : il est interdit de naviguer dans la réserve ! (En fait il est interdit de sortir du sentier autorisé au public, qui longe l’est du bassin sud jusqu’à la digue centrale). Les oiseaux d'eau sont l'enjeu principal de cette réserve, et toute présence en dehors du sentier représente une source de dérangement importante pour eux. Seuls les suivis scientifiques et les actions de gestion sont considérés comme des sources de dérangement acceptables.  

Merci de respecter la réglementation règles pour préserver la tranquillité de la faune !

Nymphoides peltata (© Johann Chrétien)
Lemna minor, Lemna gibba, Spirodela polyrrhiza (© Johann Chrétien)
Hydrocharis morsus ranae (© Johann Chrétien)
Potamogeton acutifolius (© Johann Chrétien)
Hippuris vulgaris (© Johann Chrétien)
Utricularia neglecta (© Johann Chrétien)
Botanicus jovialis (© Johann Chrétien)
Botanicus concentricus (sous-espèce charaphilus, écotype humido-contentus) (© Johann Chrétien)

 

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